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L’alphabétisation au MarocL’éducation non formelle est foncièrement tributaire de l’éducation formelle, a indiqué récemment le secrétaire d’Etat chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non formelle. Peut-on le contredire ? Difficile, car le projet d’alphabétisation ne peut réussir que si le système d’éducation formelle est en marche. Or ce n’est pas encore le cas. 19 mai 2005.
De nombreux enfants quittent l’école, à cause des sureffectifs dans les classes, des difficultés rencontrées dans le rural, de l’insuffisance des crédits nécessaires à la réhabilitation des infrastructures scolaires et d’autres contraintes longues à énumérer. Résultat : des enfants en âge d’être scolarisés qui se retrouvent de nouveau à la case de départ et qu’il faut insérer dans l’éducation informelle pour réussir le pari de l’éducation pour tous. L’équation n’est donc pas facile. Il faut la gérer. Mais sachant que le gouvernement ne peut pas assumer à lui seul cette responsabilité, il est nécessaire que les opérateurs publics, les associations et les organismes internationaux s’impliquent plus profondément non seulement dans les opérations d’alphabétisation qui, d’après les chiffres (700 000 en 2003 et 1 million en 2004) se déroulent plutôt bien et se rapprochent de l’objectif principal qui est d’éradiquer le fléau à l’horizon 2015, mais aussi dans la réforme du système éducatif. Les associations de parents d’élèves sont appelées à jouer leur rôle dans la réhabilitation de l’école et donc de l’amélioration de la qualité de l’éducation. La marche du Maroc vers l’alphabétisation a commencé par une campagne lancée en 1956 et par Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V. Le 27 mai 2003 un vaste programme intitulé Massirat Annour s’est proposé de toucher 1 million de personnes. C’est l’expression même d’une volonté forte de promouvoir l’alphabétisation, comme un droit et de renouveler la volonté politique de mettre fin à l’ignorance et à l’exclusion. La campagne de lutte contre l’analphabétisme s’inspire, rappelons-le, des Hautes instructions Royales. Sa Majesté le Roi a réaffirmé dans un message à l’occasion du lancement de « Massirat Annour » la priorité et l’intérêt éminent que le Souverain accorde au développement humain : « Le présent message que nous vous adressons, à l’occasion du lancement de l’opération de lutte contre l’analphabétisme et, à travers votre forum de haute importance, à l’ensemble de nos fidèles sujets, nous offre une autre opportunité pour réaffirmer la priorité et l’intérêt éminent que nous accordons au développement humain, éléments indispensables à la réalisation de notre projet de société démocratique moderniste, qui prolonge ses racines dans notre authenticité civilisationnelle et nos valeurs religieuses et étend ses branches pour adhérer aux valeurs contemporaines, à la science, à la connaissance, à la technologie et aux systèmes modernes. » Le Souverain a également rappelé à ce propos que la réforme du système de l’éducation et de la formation est au premier rang des priorités de la décennie actuelle, accordant à la généralisation de l’enseignement et à l’éradication de l’analphabétisme une place de premier plan dans la Charte nationale de l’éducation et de la formation, qui a requis l’unanimité de toutes les composantes de la nation. Un nouveau scénario se dessine faisant passer la notion d’alphabétisation d’une « compétence simple et élémentaire » à un concept « extrêmement complexe et dynamique ». Par conséquent, l’analphabétisme n’est plus considéré comme une responsabilité individuelle, mais plutôt comme une responsabilité collective. Atteindre l’alphabétisation pour tous n’est plus alors qu’une question de temps. Sans oublier l’éducation « non formelle » "Sans le soutien actif de l’école, les efforts déployés pour introduire une éducation non formelle seraient peu fructueux ". Les mots sont du Secrétaire d’Etat à l’alphabétisation qui ajoute que " l’éducation non formelle exige un effort important d’adaptation des programmes de l’école aux conditions des enfants inscrits", sur la base du principe de l’égalité entre tous. Rappelant les résultats probants réalisés au cours de cette année dans le cadre de l’application des programmes de l’Education non formelle ayant profité à quelque 34 mille enfants (garçons et filles), le secrétaire d’Etat a toutefois indiqué que ces résultats demeurent en deçà des objectifs escomptés. M. Birou a indiqué que la rencontre du 28 juillet 2004 a constitué une occasion pour examiner les remarques et propositions des associations. "Nous avons ainsi engagé une réflexion pour favoriser de nouvelles relations avec ces véritables partenaires dans la lutte contre l’alphabétisme et la généralisation de l’éducation non formelle ", a-t-il ajouté. D’autres intervenants ont souligné l’importance d’une méthodologie participative qui implique davantage les associations de la société civile lors de l’élaboration et de l’application des programmes de l’éducation non formelle et de la mise au point de manuels et de supports pédagogiques à même de répondre aux besoins des enfants. Il s’agit également d’instaurer une communication constructive entre les différents acteurs du processus pédagogique sur le rôle de l’école dans l’éducation non formelle, ont-ils fait valoir. Une stratégie pour les campagnes Le programme de développement de la scolarisation en milieu rural s’inscrit dans le cadre des objectifs fixés par le Gouvernement pour le développement du monde rural. Il fait partie des programmes pour lesquels a été mis en place un comité interministériel permanent. Il constitue ainsi un élément fondamental de la stratégie de développement social. Plus spécifiquement, il vise la concrétisation des objectifs fixés par le MEN, à savoir la généralisation de la scolarisation, l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la rationalisation de l’utilisation des ressources humaines et matérielles. Trois groupes de travail sont constitués pour arrêter les mesures à mettre en oeuvre dans le cadre de ce programme : un groupe chargé d’élaborer et d’assurer le suivi du plan d’action sur le terrain ; un groupe chargé du programme d’activité en matière de sensibilisation et de mobilisation sociale et un groupe chargé d’élaborer et de mettre en oeuvre un programme de formation continue au profit des personnels éducatifs. L’approche préconisée pour mettre en oeuvre ce programme nécessite le développement des initiatives au niveau local et la mobilisation de tous les acteurs. Elle permet à l’établissement scolaire d’être une source et un objet de changement à travers la dynamisation du rôle du personnel éducatif. Le Ministère de l’Education Nationale consacre ses moyens, en grande partie, à l’appui au milieu rural. Ainsi, 75% des salles nouvelles du premier cycle fondamental sont construites en zones rurales. En outre la majeure partie des cantines scolaires et des internats accueillent en priorité les élèves issus de ces zones. Les contraintes Malgré les réformes et les efforts déployés, la situation actuelle du système éducatif se caractérise par d’importantes difficultés dues principalement à l’insuffisance de la formation initiale et continue du personnel, au manque de souplesse et d’adaptabilité des programmes d’enseignement qui n’évoluent pas parallèlement au développement scientifique et technologique, à la déficience de l’organisation didactique et matérielle des activités formatrices et créatives, à l’insuffisance d’initiatives intégrées prises jusqu’à présent pour assurer une qualité égale de l’éducation entité le milieu rural et le milieu urbain et à l’insuffisance de mesures concrètes et systématiques en vue d’éliminer les discriminations et les préjugés sexistes dans les manuels scolaires, dans les curricula, les programmes et dans l’acte pédagogique, malgré les efforts récents dans ce domaine. MAP |
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