Votre séjour au Maroc avec Sejourmaroc.net

Le Maroc a très mal

 

Coup de déprime sérieux sur le Maroc. Depuis quelques semaines, une inquiétude diffuse semble s’être installée dans les milieux officiels. Le silence des responsables ne fait qu’aggraver ce sentiment.

16 mai 2005.

Pas besoin d’être grand clerc pour deviner les causes du malaise : la dégradation de la situation économique et financière du pays sous les coups de boutoir de la mondialisation, de la sécheresse et de la hausse inquiétante de la facture pétrolière. À chaque fois que les finances d’un pays du tiers-monde sont malmenées, les experts du FMI accourent moins pour apporter des solutions sérieuses et durables que pour l’aider à continuer à s’acquitter du service de la dette ! Une délégation de cette institution internationale était justement en mission à Rabat le 28 avril dernier. Dans son escarcelle, deux propositions majeures, dévaluation légère du dirham et augmentation du prix de l’essence à la pompe, vendues comme étant la seule voie pour éviter l’effondrement du taux de croissance qui risque cette année d’être très faible. Refus des autorités marocaines de ce qui ressemble à des solutions de facilité.

La première mesure, appliquée plusieurs fois par le passé sans grand impact sur les exportations, ne servirait qu’à faire de nouveau plaisir aux exportateurs. Et à pénaliser en même temps les importations de produits semi-finis, qui enregistrent actuellement une hausse profitable au secteur industriel.

La seconde mesure, elle, est tout simplement impopulaire, risquant de faire mal au consommateur et à des pans entiers de l’économie nationale. Le Maroc en est là aujourd’hui. Devant un dilemme douloureux. Entre la potion amère du FMI et un état des lieux guère brillant. En fait, le pays est en train de payer au prix fort les trois décennies de gabegie financière et d’imprévoyance économique sur fond de rapine généralisée dans un système bâti essentiellement sur la rente. En un mot, nous n’avons pas travaillé, bercés par l’illusion de la facilité et de la combine. Comment réaliser dans des conditions pareilles un taux de croissance satisfaisant alors que l’économie marocaine se trouve dans un état d’impréparation presque totale ? Ce serait faire preuve de mauvaise grâce que de faire assumer toute la responsabilité à l’exécutif actuel qui n’a fait, en vérité, qu’hériter d’une situation très difficile sur tous les plans.

Certes, les gouvernements qui se sont succédé jusqu’ici ont réussi le pari de sauvegarder les grands équilibres mais peu d’efforts ont été consentis pour asseoir une économie dynamique et performante capable d’évoluer dans un environnement international de plus en plus concurrentiel. Au lieu de développer un tissu des PME-PMI qui crée le plus grand nombre d’emplois et résorbe le chômage urbain, on continue encore aujourd’hui à courtiser les grandes entreprises étrangères qui, tous comptes faits, ne font pas appel à une main-d’œuvre nombreuse et recourent souvent à des plans sociaux drastiques. Tout n’est pas perdu pour autant. Il faut juste se remettre au travail et que le capital marocain sorte de sa frilosité qui n’a que trop duré.

Par : Abdellah CHANKOU, aujourdhui.ma

Actualités
Maroc Pratique

© sejourmaroc.net 2010 | Accueil | Séjour au Maroc | Villes du Maroc | Plan | Contact