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Environnement : le Maroc appelé à approfondir la réflexionConscient des enjeux économiques majeurs de la dégradation de l’environnement et soucieux d’établir les normes nécessaires pour endiguer les pressions exercées sur les écosystèmes et la biodiversité, le Maroc n’a cessé, depuis 1992, date de sa participation au Sommet de la Terre à Rio (Brésil)... 5 juin 2005.
Les activités et les manifestations culturelles et de sensibilisation programmées par le Royaume dans le cadre de la célébration dimanche de la Journée mondiale de l’environnement, témoignent de la conviction du Maroc (Administration et société civile) qu’aucun développement économique ou social ne peut être conçu, ni maintenu, en tournant le dos à l’environnement. Ainsi, en guise de commémoration de cette journée, célébrée cette année sous le thème "Des villes vertes, un plan pour la planète", une "Quinzaine du développement durable" est organisée du 27 mai au 12 juin, au niveau des grandes, moyennes et petites agglomérations à travers le Royaume, une manière d’éveiller la conscience collective dans le domaine de l’environnement. Au programme de la quinzaine, qui constitue une occasion pour réfléchir aux actions à entreprendre pour préserver le patrimoine naturel et sensibiliser davantage les populations aux problèmes de l’environnement, figurent notamment des concours en matière d’environnement, qui seront sanctionnés par la remise de prix, notamment le Prix Hassan II et le Prix Mohammedia pour l’environnement. Animé par la volonté de rompre avec l’approche sectorielle des problèmes de l’environnement et de contrecarrer la dégradation du patrimoine naturel, d’un coût estimé en 2003 à près de 13 milliards de dirhams par an, soit 3,7 pc du PIB, le Maroc a opté pour une nouvelle politique, basée sur une vision globale et intégrée visant à faire de l’environnement une préoccupation centrale du développement socio-économique. Un diagnostic de la situation environnementale de notre pays, qui connaît une dégradation alarmante de la qualité des ressources hydriques, attestée par le rapport de l’UNESCO (le Maroc était classé 121 sur 122 pays), révèle que les ressources naturelles ont de plus en plus de mal à se renouveler en raison notamment de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’importance de l’érosion et de la rareté et la fragilité des ressources naturelles. Des statistiques du ministère de l’aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement font état d’un recul annuel de forêt d’environ 31.000 hectares, d’une détérioration des terres arables de 20.000 ha/an et d’un ensablement des palmeraies et des oasis de 5.600 ha/an. En raison d’une pluviométrie fluctuante et d’une gestion peu rationnelle du potentiel hydrique, les ressources en eau connaissent une raréfaction soutenue, aggravée par une perte de 35 pc de l’eau potable dans les réseaux de distribution et d’un repli de plus de 50 millions de m3 de la capacité de stockage des barrages par l’envasement des retenues. Pression sur les ressources naturelles et dégradation multiforme de l’environnement La multitude des intervenants, l’insuffisance des mécanismes de coordination, la gestion sectorielle, la faiblesse de l’arsenal juridique et des mesures d’incitation sont autant de facteurs qui ont compliqué davantage cette situation. L’une des priorités de l’action nationale en faveur de l’environnement a été la refonte, l’actualisation et le renforcement du cadre législatif. En effet, durant les dix dernières années, une quarantaine de lois, décrets et arrêtés ont été promulgués. Adhérant aux conventions internationales, présent à tous les forums mondiaux, engagé dans toutes les grandes causes environnementales, multipliant les accords de grande envergure ou expérimentant les partenariats décentralisés, le Maroc ne néglige aucune voie pouvant consacrer sa stature de nation consciente de l’importance de la préservation des ressources naturelles. Membre actif de la communauté internationale et partie aux conventions environnementales, le Royaume, qui a abrité la 7ème conférence des Parties contractantes (COP) des changements climatiques, a entrepris sa mise à niveau dans le domaine de l’environnement non seulement pour assurer la pérennité de son patrimoine naturel, mais aussi garantir une meilleure compétitivité de l’économie nationale. Outre la stratégie nationale pour la protection de l’environnement à moyen et long termes, le Maroc a mis en uvre un plan d’action national pour l’environnement, avec pour finalité la promotion du développement durable, axé sur la promotion de la bonne gouvernance, la lutte contre la dégradation de l’environnement et le renforcement de la coopération avec l’Union européenne sur les questions environnementales. Ce programme d’action vise un impact socio-économique pouvant contribuer à la lutte contre la pauvreté, à l’amélioration des revenus des populations, à la création d’emplois et à l’amélioration de la compétitivité et de l’efficacité économique des entreprises. En dépit des efforts consentis par le Maroc dans le domaine de l’environnement, le thème de la journée mondiale de l’environnement 2005 interpelle fortement le Royaume, car il met en relief les problèmes soulevés par l’une des principales tendances de notre époque, à savoir l’augmentation rapide de la population urbaine, qui devrait représenter d’ici 2030 plus de 60 pc de la population mondiale. D’après les experts du (PNUE), la quasi-totalité de la croissance démographique se produira dans les villes, pour l’essentiel dans les pays les moins développés et sera accompagnée de profonds problèmes qui altèrent directement ou indirectement l’environnement. Le Maroc, en tant que pays en développement, connaît une poussée démographique élevée et une croissance économique assez soutenue qui n’ont pas manqué d’engendrer une forte pression sur les ressources naturelles et une dégradation multiforme de l’environnement. |
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