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La lutte contre le terrorisme au Maroc

 

La lutte contre le terrorisme au Maroc, loin de se réduire à une action d’intérêt socio-économique, doit s’ériger en combat contre les idéologies de l’obscurantisme et de l’exclusion, ont relevé dimanche à Casablanca les participants à un débat organisé deux ans après les attentats du 16 mai.

23 mai 2005.

Toutes les composantes de la société se doivent de faire front commun face aux velléités extrémistes qui sont le fait de courants fanatiques complètement étrangers aux valeurs authentique du Maroc, ont-ils souligné lors de ce débat, initié conjointement par la Fondation du Patrimoine culturel judéo-marocain sous le thème "Deux ans après les attentats du 16 mai, où allons nous ?

L’heure est à l’analyse et la réflexion autour des véritables racines de l’extrémisme qui menacent les valeurs de démocratie et de pluralisme culturel, a noté M. Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc.

"Deux ans après, doit-on continuer à expliquer ces horribles attentats par les seuls facteurs de la pauvreté et de l’exclusion ?, s’est interrogé M.Berdugo, qui s’est félicité que la société civile s est montrée solidaire et a fait preuve de sympathie et de compassion à l’égard des victimes, "étalant au grand jour un modèle de cohésion intercommunautaire".

Pour sauvegarder ce modèle, "il convient pour les juifs comme pour les musulmans d’éviter tout parti pris ou attitude discriminatoire lors de l’interprétation du texte religieux", a estimé pour sa part, M. Mustapha Bouhandi, professeur à la faculté des lettres de Ben Msik.

"C’est là une condition essentielle pour dépasser tout risque de repli identitaire et de clivages entre différentes cultures", a relevé cet islamologue dans un exposé intitulé "Racines intellectuelles et psychologiques du terrorisme".

Dans le même ordre d’idées, M. Mohamed Kenbib, professeur de lettres à Rabat, a considéré qu’ "il est difficile de poser le problème de l’extrémisme en termes de tolérance ou de choc de civilisations".

"Certes, les attentats ont été à l’origine d’un électrochoc pour le pays tout entier, mais la réaction de la société a été largement positive, à travers laquelle s’est exprimé haut et fort, un attachement à la coexistence", a-t-il soutenu, faisant remarquer que pour éviter à l’avenir que de tels dérapages ne se reproduisent plus, "il est fondamental de procéder à la révision des manuels scolaires".

Il est tout aussi impératif, a-t-il ajouté, de mettre en relief la dimension juive de la culture et de l’histoire du Maroc, qui fait office de référence en matière de cohabitation intercommunautaire.

A cet égard, M. Kenbib a appelé les médias à remplir leur mission "comme il se doit" et à remédier à leurs défaillances, affirmant que "le discours médiatique entretient une certaine ambiguïté dans l’analyse de la situation au Proche-Orient".

Abondant dans le même sens, M. Larbi Messari, membre du Comité exécutif du parti de l’Istiqlal, a estimé que les commanditaires des attentats terroristes du 16 mai sont "totalement étrangers à notre société", comme en témoigne la réaction spontanée de la société qui a rejeté catégoriquement la violence et l’obscurantisme.

Après ces événements tragiques, un mouvement socio-culturel s’est formé, dont le maître mot est de bannir les idéologies de la haine et de l’ostracisme, a noté M. Messari, soulignant qu’aujourd’hui "il est de notre devoir de mettre en relief l’apport indéniable, au fil des siècles, de la communauté juive à la civilisation marocaine".

Pour mener à bien ce sursaut, a relevé de son côté M. Ismail Alaoui, secrétaire général du parti du Progrès et du Socialisme (PPS), les partis politiques et les associations de la société civile doivent oeuvrer à inculquer aux générations montantes les valeurs authentiques qui font la force du Royaume, à savoir le pluralisme, la cohabitation et la tolérance.

MAP

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